Possible Tomorrows : quand technologie se combine avec poésie

Les dernières créations de Ying Gao intègrent la reconnaissance d'empreintes digitales

temps de lecture: 2 mn
in brief

Connue pour ses projets de vêtements interactifs, la créatrice sino-canadienne Ying Gao transcende l’expérimentation technologique. Elle questionne nos suppositions à propos du vêtement en combinant design urbain, l’architecture et le média interactif. Elle considère le design comme le média, mais dans une acception plus technologique que textile du terme : une technologie sensorielle qui donne au vêtement une valeur poétique et participative.

Crédit images : Dominique Lafond

Pour son dernier projet, « Possible Tomorrows » Ying Gao s’est inspirée du célèbre jeu Spirograph, évoquant des formes hypotrochoïdes. Les courbes aplaties ont été dessinées à partir d’un seul point, lié à un cercle roulant sans glisser, et un cercle initial. Cette conception a été développée à partir d’une série d’algorithmes liés au domaine de la reconnaissance de formes, ou « diagramme de dispersion ».

Composés de maille en nylon, de fil de nylon, de fil de PVDF et de thermoplastique, les vêtements sont équipés d’un système électronique intégré et disposent d’un scanner d’empreintes digitales qui peut activer le mouvement des vêtements lorsque l’empreinte d’un étranger n’est pas reconnue.

Alors qu’elle estime que la sécurité est devenue une technologie politique, Gao a conçu ces vêtements afin qu’ils ne s’ouvrent qu’aux étrangers.

Nous avons rencontré Ying Gao durant l’une de ses expositions à Paris, et en avons profité pour lui poser quelques questions au sujet de son travail et de ses inspirations. Alors qu’elle nous décrit son univers créatif, elle a insisté sur la façon dont elle aime amener des concepts intangibles dans son travail – que ce soit un son, un regard, ou encore une expression faciale – et les combiner à des données technologiques, avec l’aide de logiciels ou de capteurs. Toute cette technologie est ensuite intégrée dans des matériaux très légers, comme le nylon ou l’organza japonaise – pour que, combinés, technologie et matériaux évoquent une poésie visuelle.

 » Pour l’intégration de l’électronique et des parties techniques, je travaille depuis de nombreuses années avec Simon Laroche – concepteur en robotique, qui se trouve également être un très bon ami. Dès que le concept du projet est défini, Simon est impliqué à chaque étape, et nous avons des échanges autour du volume des vêtements, pour qu’il puisse y intégrer la technologie de la meilleure façon possible. « 

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