Michael Stewart, le pari de l’intemporalité

Aperçu d'un possible futur de la haute couture

temps de lecture: 4 mn

Michael Stewart est un jeune diplômé du Royal College of Arts né dans un village Irlandais du conté de Clare. Exposé à des sculptures préhistoriques et d’anciens sites funéraires, qui entouraient la zone rural ou il a grandit, à un âge précoce ; le jeune designer a développé très tôt une fascination pour l’anthropologie qui n’a pas manqué d’alimenter son mémoire de recherche. En tant que bénéficiaire de la bourse inaugurale Kildare Village (une bourse décernée de sa première année de Master d’Arts, suite à son Bachelor d’Arts en mode féminine du Limerick School of Art and Design, Irlande), ce dernier remporte en 2013 le prix Limerick School of Art & Design Fashion Degree Show et se servit des fonds afin de soutenir ses recherches et développer ses collections suivantes.

Dans sa toute première, Totem, Stewart s’inspire de la relation singulière entre l’être humain et l’au-delà, par l’exploration du spiritisme (plus particulièrement, des rituels et pratiques shamaniques), une influence perçue dans ses colliers permettant la suspension des pièces de cette collection et dans les représentations visuelles d’esprits, donnant l’impression d’une expérience hors du corps.

Par sa vocation artisanale, Stewart ambitionne de repousser les frontières de la mode féminine par l’exploration d’une philosophie de création interdisciplinaire. Mêlant des techniques de création artisanales  à une esthétique ultra moderne, il crée ainsi des vêtement qui fusionnent ensemble l’étoffe, le corps et les artefacts.

« J’ai besoin de tout voir en 3D, je serais incapable de concevoir des vêtements à plat. J’ai besoin de faire les choses à ma manière. » Michael Stewart dans Another Magazine, Octobre 2017

En effet, son imagination et son approche singulière du vêtement se nourrissent des traces des cultures ancestrales, des figurines faîtes mains de divinités aux dessins préhistoriques tels que ceux de la grotte de Lascaux (qui pour certaines, selon la rumeur, illustreraient la sensation d’être en transe). La résultante créative n’a rien de nostalgique ni de futuriste, mais paraît cependant complètement intemporel.

« Certaines choses sont si anciennes qu’elles paraîssent presque futuristes. Il y a cette sorte de dépouillement de l’esthétique. » Michael Stewart dans Another Magazine, Octobre 2017

« Ma façon de travailler est complètement organique. Je ne me laisse pas influencer par un croquis. Je ressens vraiment ce que la matière veut me faire faire.   The way I work is really organic. I won’t let a drawing lead me. I really feel what the fabric wants me to do. Je valorise vraiment l’artisanat et j’aime cette idée que quelque chose puisse avoir avoir à la fois du sens et de l’importance. » Michael Stewart dans Another Magazine, Octobre 2017

Pour la collection marquant l’obtention de son diplôme, récemment présenté au Royal College of Arts en Juin dernier, Stewart a conçu des silhouettes aux inspirations extraterrestres, avec des robes  drapées monochromes, doublées de formes organiques qui épousent les courbes naturelles du corps.

Photography by Andrew Nuding, Styling by Kieran Kilgallon

« Une partie de moi voudrait commencer ma propre marque, ce qui a toujours était mon but. Mais dernièrement, j’ai pas mal cogité. Je n’ai jamais créé pour quelqu’un d’autre, mais je ressens le besoin de prendre du recul et travailler dans la Haute Couture afin de mieux développer mon regard créatif et passer un cap d’un point de vue technique. » Michael Stewart dans Another Magazine, Octobre 2017

Photography by Andrew Nuding, Styling by Kieran Kilgallon

Photography by Andrew Nuding, Styling by Kieran Kilgallon

Avec une telle attention, sans compromission sur les détails, nous sommes impatients de voir les effets qu’aura la haute couture sur l’évolution d’un tel talent.

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