Convertir les émissions de méthane en polyester biodégradable

La Blue Economy appliquée à la mode

in brief

Le polyester est nocif pour l’environnement, de nombreuses études l’ont démontré. Quelques startups s’affairent à trouver des solutions à ce problème. L’une d’entre elles, Mango Materials, a récemment trouvé le moyen de convertir ces émissions en polyester bio, de quoi envisager un futur où les vêtements seraient non seulement biodégradables, mais leur compostage participerait également à la création de nouveaux vêtements.

Comme nous l’avons évoqué dans notre guide des matières à l’impact environnemental réduit, le polyester est l’une des matières les plus polluantes. En effet, c’est un plastique fabriqué à partir de pétrole non raffiné, ce qui signifie qu’il nécessite un processus gourmand en énergie. Les scientifiques sont par ailleurs en train de se rendre compte que même si certains fabricants tentent de réduire l’impact en ajoutant du polyester recyclé, de bouteilles ou autres objets en plastique, le polyester ainsi recyclé aurait les mêmes répercutions que du polyester neuf ! Pire encore, chaque lavage libère des micro-fibres dans les cours d’eau. Ce qui contamine lacs et océans, sans compter qu’après avoir été ingéré par les animaux, il finit tout simplement dans nos assiettes. Appétissant.

La startup Mango Materials a trouvé une manière de transformer les émissions de méthane en bio-polyester

Le méthane est bien connu pour être un gaz à effet de serre, il retient ainsi 25 fois plus de chaleur que le dioxyde de carbone. Mais il peut toutefois être utile, notamment en tant que carburant ou ingrédient pour la fabrication de plastiques et de fertilisants. Quoi de neuf alors ? La startup californienne Mango Materials lui a trouvé une nouvel usage : les vêtements biodégradables.

Alors que le processus est encore coûteux, plus en tous cas que le procédé classique utilisant des dérivés du pétrole, la startup a exploré ce que les scientifiques savent désormais depuis longtemps : sous certaines conditions, différents types de bactéries peuvent produire des plastiques appelés polyhydroxyalcanoates (PHAs). Ces fibres de polyester « bio » peuvent ensuite être récoltées pour être filées puis tissées en étoffes. Afin de réduire ses coûts de production, la startup cherche à utiliser des déchets de méthane pour nourrir les bactéries.

“ Si nous revalorisons les déchets de méthane, cela pourrait changer la donne quant au carbone rejeté dans notre atmosphère, parce qu’on le collecterait et le réintègrerait dans nos produits ” raconte Morse au FastCompany dans une interview.

Avec la vision d’un système de production en « circuit fermé » (le fameux « closed-loop »), la PDG et co-fondatrice de Mango Materials, Dr. Molly Morse, prévoit que cela nous permettrait de composter nos vêtements, au lieu de les jeter, et en plus, on serait ensuite capables d’en capturer les émissions de méthane pour à nouveau les transformer en vêtements. La boucle serait, en effet, bien bouclée.

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