« Une collection éco-responsable ne limite pas nécessairement la créativité », Maddie Williams

Nous avons rencontré la jeune créatrice pour mieux comprendre sa relation avec la mode durable

in brief

Maddie Williams nous explique le point de départ de sa collection constituée de chutes de matériaux (fils, sacs plastiques) et nous montre comment recycler peut être un moyen d’ouvrir à d’autres possibilités non moins novatrices.

Innover c’est trouver des solutions meilleures mais la dimension sociale et responsable dans le secteur de la mode empreint déjà à de nombreux scandales ne se présente plus aujourd’hui comme une option mais comme un objectif.

Cette année les étudiants de l’université d’art d’Édimbourg ont offert une place de choix à la réutilisation de matériaux durant la graduate fashion week qui se tient annuellement à Londres. L’événement est né du besoin d’offrir une vitrine à toutes les universités de mode du Royaume Uni et à leurs diplômes.

Depuis quelques années un accent particulier est mis sur l’innovation dans la mode responsable avec notamment la présence de l’iconique créatrice Vivienne Westwood fervente défenseur d’une mode responsable au titre de parraine de l’événement. Lors du Gala Awards cérémonie de fin et de remise des récompenses, les créations utilisant du recyclage de matériaux tels le plastique ou le denim ont retenu la faveur du jury.

Parmi elles, les pantalons extra larges et manteaux composés de sacs plastiques de Maddie Williams étudiante à l’université Edinburgh College of Art dont la collection a figuré dans la sélection des finalistes.

Elle nous explique le point de départ de sa collection constituée de chutes de matériaux (fils, sacs plastiques) et nous montre comment recycler peut être un moyen d’ouvrir à d’autres possibilités non moins novatrices.

Lorsqu’on lui demande d’où l’idée lui est venue d’utiliser des chutes de matériaux pour sa collection, Maddie nous confie que cela s’est fait très naturellement car elle apprécie le processus de créer quelque chose de neuf à partir de vieux objets.

« J’apprécie ce défi et la façon dont ce procédé dirige et informe ton travail. C’est comme si on était complètement guidé par le matériau. ».

Elle nous confie que cette collection est née de la volonté de créer une collection qui aurait un faible impact sur l’environnement avec une contrainte qui est celle d’avoir un budget limité.

La première solution qui s’est alors présentée à Madeleine Williams (Maddie) fut d’utiliser des chutes de matériaux plutôt inattendus dont certains lui ont été fourni gratuitement. La seconde solution fut d’opter pour des matériaux renouvelables comme de la toison de mouton.

« Parmi les quelques objets plutôt étranges que j’ai pu utiliser pour concevoir cette collection, on peut trouver : un vieux parachute militaire, des morceaux de fenêtre d’une tente, des sacs plastiques abîmés de la poste, une vieille bâche et des duvets. »

Ce furent de nombreuses heures de travail passées à effectuer la déconstruction des produits de base, le tissage des fils plastiques à l’aide d’une machine à tisser ou encore à la réalisation des embellissements. En somme un travail minutieux avec des matériaux non moins simples à manipuler et à transformer. Pour cela, une phase de recherche et de tests préparatoires ont été nécessaires.

« J’ai sélectionné la plupart des matériaux que j’allais utiliser en faisant des essais et des erreurs. Je me demandais quelle serait le meilleur moyen de les utiliser : serait-il mieux en matière textile, appliqué, rembourré ou avec un imprimé ? Cela m’a demandé du travail de développement, pas mal d’essais et beaucoup d’erreurs jusqu’à ce que je trouve mon choix final de matériaux ».

Les 5 prototypes et la collection ont été réalisé en moins de trois mois.

« Si je me souviens bien, une paire de pantalons m’a pris environ 4 semaines de travail. Elles ont été les plus longues pièces à réaliser heureusement au vue de leur taille et de la complexité à les faire. En comparaison, les autres pièces c’était du gâteau. »

« J’avais vraiment envie de prouver que créer une collection ‘responsable’ ne demande pas forcément de faire l’impasse sur la créativité ou même ta vision de la mode car au contraire cela m’a permis d’aller plus loin que je ne serais allé et de rendre le résultat plus intéressant et plus avant garde. »

Le concept narratif développé autour de cette collection illustre les valeurs qu’elle a souhaité transmettre :

« Une bande de 6 déesses qui sèment la peur dans le cœur d’organismes nuisibles » « Elles créent leur vêtements à partir des restes que leurs ont été laissés et elles s’entretiennent à partir de matériaux renouvelables. »

« Je suis persuadée que l’originalité et l’innovation peuvent contribuer à rentre l’industrie de la mode plus responsable. De plus en plus d’acheteurs sont sensibles au fait qu’ils puissent participer indirectement à la souffrance de gens ou à l’exploitation sans limite des ressources de la planète. »

« J’apprécie beaucoup les couleurs que l’on peut obtenir en utilisant les teintures naturelles et à mon avis les gens seraient surpris de voir la richesse et l’intensité des teintes que l’on peut en obtenir. »

Lucide et totalement engagée pour une mode durable et moins nocive, Maddie envisage une carrière qui lui permettra de développer sa vision, son éthique que ce soit par ses créations, du journalisme ou par simple acte militant.

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