Kering teste actuellement un type de modèle disruptif de vente « par abonnement »

Le conglomérat du luxe Français adopte une posture rupturiste afin d’inventer l’expérience d’achat de luxe du futur.

in brief

Dans une récente déclaration, François-Henri Pinault a précisé les contours d’un travail mené par l’équipe chargée d’un projet innovant, axé sur les nouveaux modèles de vente digitaux, et placée sous la direction de Grégory Boutté, ex-directeur général d’Ebay France, recruté en décembre pour prendre la tête d’une nouvelle direction du digital et de la relation client.

Au cours de la récente présentation des résultats 2017 du groupe Kering, dans le cadre d’un programme interne portant sur les stratégies de rupture, le PDG du groupe Kering François-Henri Pinault a présenté en détail un projet d’expérimentation en cours au sein du grand groupe de Luxe français destiné à lui permettre, à termes, de proposer une nouvelle expérience d’achat qui tire ses inspirations des modèles innovant de souscritption en ligne : 

« Nous regardons les modèles de « souscription ». Je n’aime pas le mot « location » car ce n’est pas exactement ça : il s’agit plutôt d’une sorte d’abonnement proposé sur certains types de produits. Cela existe aujourd’hui dans l’univers du Mass market. Cela n’existe pas dans un univers luxe. La question qui se pose, c’est « Est-ce qu’on peut amener ce modèle-là dans le luxe ? Et, si oui, qu’est-ce que cela veut dire ? » Nous sommes en train de tester cela avec des partenariats extérieurs au groupe ». François-Henri Pinault, PdG du groupe Kering

Attentive à l’évolution du marché, fortement influencée par la croissance galopante du e-commerce et des nouveaux business model qui font leurs preuves sur le marché de la vente en ligne, la société envisagerait ainsi plusieurs pistes de recherches afin de concevoir une proposition de valeur d’un nouveau genre. Un pari à la croisée des chemins entre le modèle par abonnement (qui gagne en popularité, comme expliqué dans notre récente publication), la location, ainsi que le marché de la seconde main.

« Sur la seconde main, nous sommes en train de tester des choses. Nous travaillons en particulier avec The Realreal, en premier lieu avec Saint Laurent » François-Henri Pinault, PdG du groupe Kering

The  »graffiti mountain » from Balenciaga’s FW18 show.
Photo: Betrand Rindoff Betreff / Getty Images

Pour Kering, ces expérimentations sont le point d’orgue d’une année riche en développements technologiques, complétant ainsi la transformation de la firme française en « pure-player du luxe« .

« Nous avons mis en place l’année dernière une plateforme « salesforce » globale concentrant l’ensemble de nos données clients, physiques ou en ligne, pour avoir une activité CRM très forte. A la fois à l’échelle du groupe, ce qui va bénéficier aux marques dont la taille ne permet de s’intégrer dans cette compétence-là, ou alors en coordination avec les grandes marques. Nous sommes en train de développer un savoir-faire qui va vraiment avoir un impact ». François-Henri Pinault, PdG du groupe Kering

Comme un signe de reconnaissance, le parti-pris stratégique de Kering en la matière sonne comme le coup de semonce signalant le début d’une nouvelle-ère du luxe, plus prospective et sans complexe, qui sort des sentiers battus de son modèle traditionnel pour mieux se réinventer et perdurer. Bien que les ambitions du n°2 du luxe mondial restent pour l’heure à définir, cette déclaration laisse envisager que 2018 sera certainement l’année tant attendue où les géants de l’industrie prendront à leur charge le risque lié à l’émergence de l’innovation, tant en matière d’investissement que de recherche et développement, chose qui jusqu’à présent pesait sur les startups et petites entreprises. Affaire à suivre.

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