ITW | Rencontre avec Alexandra Van Houtte, fondatrice de TAGWALK

Nous avons rencontré la créatrice de TAGWALK, le Google de la mode, autour d’un café. Alexandra Van Houtte, est une grande débrouillarde doublée d’une immense travailleuse qui, par-dessus tout, est une fille cool. Nous avons parlé de mode, d’entreprenariat féminin, de sa vision des tendances et de la fashiontech.

La rencontre d’un ‘smart cookie’* et de la nouvelle entrepreneuse française à suivre dans la mode.

* expression d’origine, elle m’a appelée comme ça

Alexandra Van Houtte, créatrice TAGWALK, une sorte de Google de la mode qui regroupe par mots-clé les vêtements et accessoires des défilés

Alexandra Van Houtte, créatrice TAGWALK, une sorte de Google de la mode qui regroupe par mots-clé les vêtements et accessoires des défilés

Hello Alexandra, peux-tu nous raconter en quoi consiste TAGWALK, à qui il est destiné et à quels besoins il répond ?

TAGWALK est le tout premier site internet qui permet de trouver des vêtements ou bien des accessoires des défilés de Paris, New York, Londres et Milan avec l’utilisation de mots-clés. Il minimise le temps de recherche mais en même temps, en maximise les résultats. TAGWALK est destiné au milieu de la mode, à l’international. Stylistes, assistants, journalistes, étudiants, chercheurs de tendances, archives, passionnés, etc. Il répond au besoin de notre génération 2.0 qui est d’obtenir plus d’informations dans un espace de temps réduit.

Comment en as-tu eu l’idée ? Comment expliques-tu que personne ne l’ait eue avant ?

L’idée est venue pour combler une frustration. En tant qu’assistante, j’ai passé des heures à chercher des looks aux couleurs particulières ou de style bien précis. Je voyais Google, Pinterest, Instagram, Facebook… tous ces réseaux sociaux et sites qui permettaient de pouvoir trouver quelque chose en plus ou moins un clic tandis que dans la mode et les défilés, il y avait un manque, une lacune à ce niveau.

D’ailleurs, il y a peu de projets innovants dans la mode (en terme de logiciels – non de produits), pourquoi selon toi ?

Je pense que le monde de la mode fait un peu peur : c’est souvent difficile de savoir par où commencer, comment faire, et que faire pour pouvoir avoir un réel impact. Cela dit, je pense qu’une idée par toujours plus gagnante quand elle répond à un réel manque. Mais après, de nos jours, je trouve que la société laisse beaucoup plus de places aux jeunes entrepreneurs. Les journalistes y prêtent attention, il y a de plus en plus d’aide, de business angels et d’écoute.

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Parle-nous du tagage, comment se passe-t-il ?

Le tagage est un moment long, mais en même temps très satisfaisant. Plus on tague, plus on découvre des coalitions entre les marques, plus on voit des liens, plus les tendances s’établissent. Cela nous prend à peu près une heure par défilé car nous taguons chaque photo une par une. Souvent, nous repassons sur le défilé après deux ou trois jours pour vérifier qu’un détail sur le moment n’a pas été oublié et puis nous le rajoutons si c’est le cas. Ces photos sont comme un nouveau-né, ils demandent de l’attention sans arrêt. Nous faisons tout manuellement. J’ai confiance dans le digital, mais je n’ai pas envie qu’une interface de reconnaissance d’image puisse établir les couleurs, styles, tendances, etc. Peut-être dans quelques années, mais pas pour le moment.

Quel est le futur de TAGWALK (à court et à long termes) ?

Pour le moment, TAGWALK se focalise sur le développement des utilisateurs. Nous avons lancé la femme, puis l’accessoire et la semaine dernière l’homme, pour rendre TAGWALK plus complet.

Nous aimerions bien pouvoir un jour rajouter les archives mais nous fonctionnons étape par étape : d’abord les défilés actuels et plus le site grandira, plus nous pourrons nous avancer vers de nouvelles étapes.

Un conseil pour les personnes qui voudrait monter un projet sans rien y connaître à la technologie ?

Mon conseil ? Entourez-vous de personnes fiables. Ce n’est jamais évident de monter un projet surtout quand vous avez l’idée mais ne savez pas par trop par où commencer. Dès le début choisissez vos alliés, des personnes qui vont pouvoir vous conseiller et vous aider mais attention, cela ne veut pas dire d’embaucher tous les gens autour de vous, cela veut dire savoir reconnaître que tout le monde peut apporter quelque chose et que les gens seront ravis de vous aider si vos questions sont légitimes et étudiées.

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Taguer des images, c’est mettre en mot des concepts. Cela demande forcément des arbitrages subjectifs. Comment fais -tu pour prendre tes décisions ? Quel a été l’arbitrage le plus délicat à ce jour ?

Le taggage de TAGWALK n’est pas vraiment lié aux arbitrages subjectifs – oui je l’accorde, ayant été assistante et styliste depuis cinq ans, je suis plus susceptible de taguer des mots qui seront des mots que les gens de la mode rechercheront mais nous tagguons de manière très objective : couleur, style, matière, thème . Pour la prochaine saison, nous sommes en train d’étudier toutes les couleurs telles que mandarine et orange pour comprendre si un utilisateur taperait plutôt orange ou mandarine instinctivement – nous sommes, vous voyez, en plein développement !

Souffle-nous les choses que tu as apprises en taguant les dernière collections. As-tu trouvé des inspirations récurrentes ?

Pour la Resort 17 mais pour le moment, c’est flagrant : le black & white, les rayures, les logos, le floral, le minimal et les animaux (chats, insectes, oiseaux) – ils sont tous plus ou moins ex aequo.

Les tendances récurrentes des défilés sont-elles celles les plus recherchées sur la plateforme ?

Vous ne le saurez jamais… Car les tendances recherchées par les gens sur TAGWALK sont secrètes. En revanche, il y a souvent un lien entre les tendances des défilés et les tendances publiées dans un magazine donc l’un va avec l’autre pour la recherche également.

Pour conclure, est-ce un handicape d’être une fille, de faire de la mode et de lancer un site internet qui n’est pas un blog ?

Je dirais qu’être une fille et faire de la mode à souvent une connotation péjorative, comme si c’était un hobby plus qu’un business – La société a du mal à comprendre que la mode est une énorme industrie et qu’il y a de la place pour tout le monde (bloggers, journalistes, acheteurs, influencers etc). D’un autre coté, c’est toujours mieux que les gens partent avec des préjugés, ils ne peuvent qu’être agréablement surpris par la suite.

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