Du cuir vegan à la fourrure Bio : faire pousser de nouvelles matières à partir de cellules souches

Des Startups explorent les biotechnologies pour apporter des solutions durables à la mode

in brief

Les biotechnologies appliquées à la mode ont attiré l’attention récemment, notamment avec le lancement du Fashion Tech Lab de Miroslava Duma à Paris, et ses startups centrées autour du développement durable à travers la tech ; ou encore la récente exposition du MoMA autour du futur de la mode. Parmi les pièces exposées, un t-shirt en cuir cultivé en laboratoire, dessiné et produit par Modern Meadow.

Modern Meadow : la création de matière à partir de cellules souches

La startup, créée en 2011, est une itération de la société d’impression 3D Organovo, créée par  Gabor et Andras Forgacs, un duo père-fils. Tandis qu’ils se concentrèrent d’abord sur le développement et l’ompression de tissus en très petites quantités, destinés à un usage médicale, Andras imaginait déjà comment ils serait possible d’appliquer cette innovation aux produits de consommation.

Après 5 ans de recherche et d’expérimentation, par le design, la biologie et l’ingénérie, Modern Meadow lance désormais sa propre marque , Zoa, afin de démontrer les multiples possibilités offertes par le cuir créé par bio-ingénérie et amplifier le débat autour de cette biotechnologie appliquée à la mode.

The Zoa lab-grown leather t-shirt is currently being exhibited at the MoMA.

À ses débuts, l’équipe de Modern Meadow tentèrent d’abord de développer des alternatives à la viande animale. Mais ils décidèrent rapidement d’explorer la biofabrication du cuir à la place (par comparaison avec la viande animale, le sujet n’était que très peu évoqué à l’époque). Une décision charnière, quand on sait que les industries de la mode et de l’habillement ont un besoin sérieux d’alternatives leur permettant de créer des produits plus durables et respectueux de l’environnement – pour en apprendre plus à ce sujet, découvrez notre séries d’article sur la mode durable, en partenariat avec Lenzing.

À la direction créative de la startup se trouve Suzanne Lee, une pionnière en termes d’innovation dans la mode, qui a créé BioCouture avant de rejoindre Modern Meadow. Dans le TED talk disponible ci-dessus, datant d’il y a 3 ans, la directrice de création exposait son ambition de développer du cuir en laboratoire (à partir de Kombucha) et ainsi, créer des lignes de vêtements par ce biais. Lee est également l’auteure du livre passionnant intitulé Fashioning the Future (avec des images illustrées de Warren Du Preez et Nick Thornton Jones). Publié il y 10 ans, cet ouvrage explorait déjà certaines des recherches les plus avancées de son temps à l’époque.

Un procédé innovant permettant de développer du cuir à partir de collagène

Pour commencer, la startup a eu recours à un procédé intitulé le tissue engineering, qui implique de développer des cellules souches dans un matériau fait en partie d’un serum extraits de veaux pas encore nés. Mais le procédé se révéla très précaire, non seulement car il risquait d’être compromis chaque fois que la bactérie infiltrait le procédé de croissance de la cellule ; et cher, du fait de l’équipement onéreux requit pour empêcher cela de se produire. Aussi, puisque la matière provenait directement d’un animal, la startup ne pouvait-elle revendiquer le développement d’un cuir vegan ou sans cruauté. Enfin, du fait qu’il n’existait pas de chaîne logistique définie afin de sourcer les cellules d’animaux ou encore le serum nécessaire au développement du cuir, le procédé finit par devenir inapplicable à grande échelle.

Modern Meadow utilise un procédé propriétaire afin de développer du cuir à partir de collagène.

C’est ainsi qu’en 2014, Modern Meadow finit par développer le procédé idéal : en développant le collagène à partir de levure. Cette levure se révéla le matériel fondamental dans le développement du cuir tant espéré, celle-ci étant ce qu’il reste une fois que les poils, la graisse et les tissues ne soient retirés de la peau. Ce qu’il y a d’intéressant dans ce nouveau procédé est qu’il est utilisable à grande échelle et permet ainsi aux sociétés de réduire leurs coûts de production, pour arriver à un niveau de coût équivalent à celui du cuir traditionnel. De plus, le collagène liquide obtenu grâce à ce procédé est à la fois important en termes de quantités mais aussi adaptable à de multiples usages.

“Une fois que le collagène a été purifié et qu’on obtient ce cuir liquide, c’est une véritable boîte à outils qui s’offre à nous, on peut alors le mouler ou le façonner à volonté.” Suzanne Lee said dans une interview pour Fast Company.

Tout comme le cuir animal, le matériau développé est biodégradable, cependant il peut être tanné et traité pour durer plus longtemps. Il peut aussi être teinté et a la même odeur qui rend le cuir traditionnel si singulier. Enfin, le cuir peut-être développé en planches ou en formes épaisses pouvant servir à la créations de sacs et bagages, ou encore sous forme liquide, comme de la peinture.

Le t-shirt Zoa sera exposé au MoMA, à l’occasion de l’exposition Items: is fashion modern? jusqu’au 28 janvier 2018.

D’autres matières, comme la fourrure peuvent-elles aussi être développées en laboratoire ?

Découvrez Vitro Labs, une startup membre du Fashion Tech Lab

Présenté par le Fashion Tech Lab de Miroslava Duma, Vitro Labs est une startup travaillant au développement d’un tissu 3D. Ceux-ci travaillent activement sur BioFur, des peaux et cuirs développés à partir de cellules souches en laboratoire. Dirigé par Helgason, la startup se situe à San Francisco et n’a pas encore beaucoup communiqué, cependant, elle semble développer des procédés assez similaire à ceux de Modern Meadow, laissant supposer le développement d’une “fourrure durable”. Alors que la startup vient tout juste d’être révélée par le lancement du Fashion Tech Lab au début de ce mois, on espère encore prochainement en apprendre plus à ce sujet.

Les chercheurs ont attaché les poils en impression 3D à un anneau. (Exemple fournit par les chercheurs du MIT ).

En attendant, si vous désirez (re)découvrez les recherches du MIT  In the meantime, you can (re)discover sur l’impression de nano-structures, qui est une alternative supplémentaire à la fourrure traditionnelle.

Cet article a été rédigé dans le cadre du soutien à l’innovation & aux entreprises de la mode du DEFI.

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