Futurecraft 4D

Pourquoi le projet prouve qu'Adidas considère que la FashionTech est une affaire sérieuse

temps de lecture: 5 mn

Ces dernières années, les prises de position d’Adidas en faveur du mouvement en faveur des nouvelles technologies ont été particulièrement importantes. Ce pari a vu par moment la marque être accompagner de sociétés innovantes, afin de créer des soulier d’athlètes, conçues sur-mesure grâce à la data. Ces parti pris, qui favorisent le recours à des méthodes de production innovantes, lui ont conféré une aura et une légitimité indéniable. Avec la création de futurecraft 4D, la marque aux trois bandes entend révolutionner ses produits, à l’aide de la science moléculaire. Un objectif entrepris en partenariat avec la société californienne CARBON, conceptrice de la méthode d’impression 3D nommée Digital Light Synthesis.

« When trying to rethink the process, we were intrigued and inspired by the idea of T1000 rising up from a puddle in the Hollywood movie Terminator II. And that’s essentially what we have done. We’ve made that a reality with Digital Light Synthesis. » a expliqué le Dr. DeSimone, co-fondatrice et PDG de GamePlan A.

Inspirés par le film Terminator II, CARBON a développé une méthode de production permettant à Adidas de réinventer la conception et la fabrication de ses chaussures. Pour ce faire, ces derniers ont décidé de recourir à ce qu’ils ont baptisé la « photosynthèse digitale » (ou DLS pour Digital Light Synthesis). Ce procédé, qui n’est pas sans rappeler la Stereolithographie – SLA de son concurrent français Prodways, qui utilise la projection de lumière et des lentilles perméables à oxygène afin de donner à des résines liquides la forme des produits souhaitée. Cette technique pourrait, à terme, permettre de fournir des chaussures hautes-performance personnalisées à un grand nombre d’athlètes, voire à tous les clients. La marque espère ainsi que la DLS surpassera les lacunes des procédés de fabrication traditionnels actuels : produire avec agilité, à très grande échelle. En ayant recours à l’oxygène et à la lumière, il deviendrait ainsi possible de développer n’importe quoi, en un temps record.

Ensemble, le duo espère donner une nouvelle dimension à la fabrication d’équipements sportifs, cela devant leur permettre d’adapter parfaitement chaque semelle de résine à chacun des consommateurs. Contrairement aux techniques traditionnelles, la DLS rendrait Adidas capable de s’adresser aux besoins spécifiques de chaque client, qu’ils soient en rapport avec le mouvement, l’amortissement, la stabilité ou le confort ; à l’aide d’un seul composant.

Au-delà des avantages concurrentiels offerts par l’impression 3D, rappelons qu’elle permet de réaliser l’impensable jusqu’alors : les semelles créées grâce à cette méthode intègrent une structure multicouche qu’on ne pourrait mettre au point avec les techniques de moulage actuelles. Ainsi, Adidas confirme son intention de faire de l’impression 3D sa priorité, et s’installe un peu plus dans une mouvance qui permet déjà aux créateurs de prêt-à-porter de développer des pièces répondant aux besoins singuliers de leurs clients.

« Despite the influence of technology to improve almost every other aspect of our lives, for years the manufacturing process has followed the same four steps that make up the product development cycle – design, prototype, tool, produce. CARBON has changed that; we’ve broken the cycle and are making it possible to go directly from design to production. » raconte le Dr. DeSimone.

Dans l’absolu, Adidas se prépare au lancement de 300 paires de sa chaussure Futurecraft 4D, suivis d’un second lancement qui en verra 5000 paires, qui cette fois ne seront pas faites sur-mesure mais créées à partir des insights de running récoltés dans la très large librairie de données de l’équipementier allemand. Plus tard, le calendrier prévoit d’intégrer cette méthode de production à sa Speedfactory, qui permettra très probablement la production de chaussures de course à la demande.

La trajectoire que dessine présentement Adidas illustre un futur de la production toujours plus influencé par l’innovation technologique, l’innovation créative et la collaboration au plus proche des athlètes. Car à travers son action, nous pourrions voir la révolution de la production évoluer à un rythme surprenant. J’en veux pour preuve le pari de la marque en matière d’automatisation, afin d’accélérer son processus de production. Next step ? Éprouver les limites de l’automatisation afin qu’elle puisse avoir les effets positifs escomptés sur la Supply Chain. À date, sur les 120 étapes nécessaires à la création d’une paire de sneakers Adidas, une seule demeure irréalisable : la création d’un robot capable de faire… les lacets de chaussures.

“The biggest challenge the shoe industry has is how do you create a robot that puts the lace into the shoe,” he said. “I’m not kidding. That’s a complete manual process today. There is no technology for that.” Adidas CEO Kasper Rorsted.

Oui Oui. Vraiment. Voilà au moins un domaine où nous l’homme demeurera supérieur aux machines. Enfin, au moins pour les dix prochaines années…

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