Blockchain | Comment la technologie peut aider la mode à être plus transparente

Block quoi ?

in brief

Avec le succès de la fast fashion, et la pression continuellement exercée sur les distributeurs pour qu’ils baissent leurs prix, la chaine d’approvisionnement de la mode est devenue de plus en plus complexe et opaque.

Mais en 2016, qui peut se permettre de dire qu’il ignore que son t-shirt à 5€ a été fait dans de mauvaises conditions sociales et environnementales ? Les consommateurs ne réclament peut-être pas une transparence totale, ou tout du moins pas encore : un rapide coup d’oeil au succès du Fashion Revolution Day (en trending topic sur Twitter, l’initiative a mis la transparence en avant auprès de millions de personnes) vous fera peut-être changer d’avis.

Et si la technologie pouvait aider à déterminer où et comment nos vêtements ont été faits ? On vous présente Provenance, une start-up qui utilise le blockchain pour raconter les histoires qui se cachent derrière les produits que nous consommons.

Block quoi ?

Une blockchain est une base de données distribuée qui gère une liste d’enregistrements en perpétuelle expansion, protégés contre la falsification ou la modification par des nœuds de stockage. Les données sont enregistrées dans des structures en blocs, où tous les blocs gardent une trace des transactions individuelles. Ce qui signifie que la base de données est sécurisée, ouverte, auditable et qu’elle fonctionne sans un seul opérateur centralisé.

Conçue en 2008, le blockchain est pour le moment principalement utilisée dans le secteur bancaire, puisque la technologie aide à tracer facilement les transactions et c’est par ailleurs l’innovation technique principale du bitcoin.

Mais ce qui est réellement intéressant avec cette technologie c’est qu’elle a été une source d’inspiration pour d’autres applications, telles que donner plus de transparence à la chaine d’approvisionnement (dans la mode ou dans d’autres secteurs).

Connaître ses vêtements au-delà de leurs étiquettes

Provenance est une startup anglaise qui vise à établir un système de traçabilité pour les matériaux et les produits sous la forme d’une plateforme de données. Ce système pousse les marques à être plus transparentes, et ce grâce à la technologie blockchain.

« C’est une base de données pour enregistrer des informations en toute sécurité – auditable, définitive et ouverte. Nous allons vers un protocole de traçabilité transparente, que tout le monde pourrait utiliser pour tracer la provenance de quoi que ce soit depuis des grains de café à des rouleaux de tissu » Pouvons-nous lire sur leur site internet.

Vers un futur plus responsable

Ce qui est vraiment intéressant avec la blockchain, c’est que ce système va réellement changer les règles de certification et de traçabilité de l’origine de nos biens. Et si l’on ajoute la possibilité d’ajouter des étiquettes traçables aux produits (RFID ou encore des QR – beurk – code), il sera encore plus facile de savoir où et comment votre dernière jupe a été créée.

L’histoire a montré que la centralisation les données en un organe unique ne contribue pas à favoriser la transparence : avoir un organe unique apte à les contrôler crée des biais, même quand c’est une tierce personne, qui peut être totalement désintéressé tout en étant encouragée à maintenir son système. On ne peut également mettre de côté sa vulnérabilité quant à la corruption, aux mouvements sociaux ou encore au hack ciblé. Nous ne parlons même pas du cas où l’organe est la marque elle-même, ou le plus grand acteur de sa chaine d’approvisionnement, constituant ainsi un conflit d’intérêts majeur.

Alors que des tragédies telle que celle du Rana Plaza sont encore dans nos esprits, on a envie de croire que la technologie blockchain pourra accompagner une révolution déjà en marche dans le monde de la mode. Derrière le problème social qui repose sur la chaine d’approvisionnement de la mode, se cache également l’important impact qu’elle a sur notre planète : l‘industrie compte pour 10% des émissions globales de carbone et demeure le deuxième plus gros pollueur, derrière le pétrole.

En 2016, ne serait-il pas temps de construire un futur où l’on ferait quelque chose de positif de nos précédents échecs et erreurs ?


Et vous, vous croyez à un futur où la technologie apporterait des réponses plus convaincantes aux consommateurs ? Donnez-nous votre avis sur la blockchain appliquée à la mode & partagez vos réflexions dans la section des commentaires ci-dessous ;-)

Vous pouvez aussi venir à notre conférence, lundi 10 octobre au Numa à Paris, où nous aurons le plaisir d’échanger sur le sujet de la transparence avec Thibaut Schaeffer, Ingénieur Blockchain chez Provenance !

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